Le 11 novembre, les Canadiens rendent hommage aux hommes et aux femmes qui ont servi notre pays en temps de guerre et en particulier à ceux qui ont fait l’ultime sacrifice pour que nous puissions tous jouir des libertés dont nous profitons aujourd’hui.

Ce que bien des gens ne connaissent pas, c’est l’histoire du Corps forestier canadien, qui a contribué considérablement aux efforts des Alliés durant la Première et la Deuxième Guerre mondiale, dans un rôle souvent oublié.

Le Corps forestier a été créé au cours de la Première Guerre mondiale lorsqu’on s’est rendu compte qu’il fallait des quantités énormes de bois sur le front occidental. L’industrie des produits forestiers était une force économique dominante des débuts du Canada et le gouvernement britannique a rapidement constaté que les Canadiens étaient les plus expérimentés et les plus qualifiés pour récolter du bois. En 1916, le secrétaire d’État anglais aux Colonies, Andrew Bonar Law, présentait au gouverneur général du Canada une demande de déploiement de bûcherons canadiens pour aider à abattre et à transformer le bois. Plus tard dans la même année, le Corps forestier canadien était créé.

À ce moment, le Canada expédiait du bois transformé de l’autre côté de l’Atlantique, vers la Grande-Bretagne. Cependant, en raison des risques considérables de la navigation dus aux sous-marins allemands, on a jugé plus sûr d’amener la main-d’œuvre dans les forêts de Grande-Bretagne et d’Europe continentale.

Environ 24 000 hommes ont servi dans le Corps forestier dans diverses régions d’Europe, produisant du bois d’œuvre pour les casernes, les tranchées, les ponts et les emprises ferroviaires ainsi que pour fabriquer des caisses pour la nourriture et les munitions et aussi, malheureusement, des cercueils.

À la fin de la guerre, le Corps forestier avait produit environ 85 000 tonnes de bois rond, 260 millions de pieds-planche de bois d’œuvre et plus de 200 000 tonnes de carburant et de dosses.

En plus de produire du bois, les membres du Corps forestier étaient entraînés dans l’infanterie et servaient occasionnellement sur les lignes de front pour aider à construire rapidement les réseaux ferroviaires et routiers dans le sillage des troupes d’attaque. À une occasion, lors d’une demande de 500 hommes pour l’infanterie, les registres montrent que près de 1300 hommes se portèrent volontaires. À la fin des offensives, un grand nombre de membres du Corps forestier avaient servi d’une façon ou d’une autre sur les lignes de front.

Lorsque le Corps forestier a été démantelé en 1920 après la fin de la guerre, on estime qu’il avait été responsable de la production de 70 % de tout le bois d’œuvre utilisé par les forces alliées.

En 1940, le Corps forestier canadien fut recréé pour jouer le même rôle à la suite du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Une fois encore, des milliers de volontaires se sont présentés, dont de nombreux vétérans de la Première Guerre. Trente compagnies furent formées de toutes les régions du Canada, notamment du Québec. Dans l’ensemble, environ 7000 hommes ont été déployés en Écosse.

Pour marquer le jour du Souvenir, faisons une pause afin de souligner les nombreuses contributions et l’ultime sacrifice de tant de personnes, qui touchent la vie de tous les Canadiens, peu importe leur âge, leur sexe, leur race, leur orientation sexuelle ou leur classe sociale.

Le Corps forestier canadien était composé d’hommes qui sont passés des forêts éloignées du Canada rural aux premières lignes du front. À tous ces hommes, à leurs familles et à leurs proches, nous devons toute notre gratitude.

Pour en savoir plus sur le Corps forestier canadien, visitez les sites suivants :

Corps forestier canadien, canadiansoldiers.com (en anglais) : http://www.canadiansoldiers.com/corpsbranches/forestrycorps.htm

Guide des sources pour les unités du Corps expéditionnaire canadien, Corps forestier canadien, Bibliothèque et Archives Canada :

http://www.collectionscanada.gc.ca/obj/005/f2/005-1142.29.010-f.pdf