Quel est le lien entre l’Algérie et l’histoire de l’industrie du bois au Canada?

L’Algérie, plus grand pays d’Afrique, est située sur la Méditerranée et s’étend vers le Sud jusqu’au Sahara.  Sa population de 37 millions d’habitants est légèrement supérieure à celle du Canada et le pays est membre de l’OPEP grâce à son économie fondée sur le pétrole et le gaz naturel.

Mais rien de cela n’explique le lien avec l’industrie canadienne du bois. En fait, ce lien a trait au bâtiment historique qui abrite l’ambassade d’Algérie à Ottawa.   

D’un océan à l’autre, l’industrie forestière a été la scène de nombreuses réussites et de nombreuses histoires d’aventures et d’adversité. Du Nouveau-Brunswick  à notre capitale au début des années 1800 et de la Colombie-Britannique à Terre-Neuve pendant la majeure partie du siècle dernier, les forêts du Canada ont été un moteur de progrès économique. Les entreprises forestières des 19e et 20e siècles ont contribué considérablement au développement économique d’à peu près toutes les provinces.

J’en ai appris beaucoup sur l’influence marquante de l’industrie des produits forestiers sur le développement de notre capitale nationale lors de l’événement « Portes ouvertes Ottawa », où j’ai découvert le lien entre l’ambassade d’Algérie et le secteur forestier. L’ambassade se trouve en effet dans un magnifique manoir de pierres connu sous le nom de Maison Fleck-Paterson, qui a été construit entre 1901 et 1903 par le magnat du bois de sciage d’Ottawa, J.R. Booth, pour sa fille Gertrude et son gendre Adam Fleck. Gertrude Fleck l’a habité jusqu’à son décès en 1940. 

Le père de Gertrude Fleck, John Rudolphus Booth (1827-1925), était l’un des entrepreneurs canadiens les plus prospères du 19e siècle. Sa maison est située à quelques pâtés de maisons des bureaux de l’APFC. Cette construction originale de trois étages a été érigée en 1909 et abrite maintenant le Centre de leadership Laurentien.

En 1904, J.R. Booth et Fredrick Weyerhaeuser étaient considérés comme les deux rois du sciage en Amérique du Nord. La production de M. Booth dans la vallée de l’Outaouais était la plus importante du continent.

Né dans les Cantons de l’Est, au Québec, de parents irlandais, J.R. Booth a commencé sa carrière comme menuisier pour le Central Vermont Railroad. Il s’est ensuite installé dans la vallée de l’Outaouais, où il a, au cours des soixante-dix années suivantes, bâti l’une des entreprises de sciage et de chemin de fer les plus prospères du continent.

J.R. Booth doit ses impressionnants débuts dans l’industrie au contrat qu’il a obtenu pour fournir le bois nécessaire à la construction des bâtiments du Parlement en 1859.  Trente ans plus tard, son entreprise faisait état de la plus importante production quotidienne de bois d’œuvre du continent et son chemin de fer était parmi les plus grands détenus par une seule personne en Amérique du Nord.

La Maison Andrex, construite en 1889 pour Robert J. Davidson de la Davidson Lumber Company, est une autre résidence qui faisait partie des Portes ouvertes. Prospère entrepreneur en sciage, Robert Davidson a bâti cette maison pour son épouse avec l’aide des artisans qualifiés de son entreprise, qui ont taillé et installé les murs, planchers et plafonds de chêne. Cette maison de brique rouge de style néo-Queen Anne abrite maintenant la Fondation Héritage Canada et la section de la vallée de l’Outaouais de la Canadian Parks and Wilderness Society (CPAWS).

Une quatrième propriété associée à l’âge d’or du bois d’œuvre et de l’exploitation forestière dans la vallée de l’Outaouais est le domaine Billings. Il s’agit de la plus vieille habitation de bois de la ville. Braddish Billings s’est installé dans la vallée de l’Outaouais en 1812. Jeune homme, il abattait des pins et transportait les billes le long de l’Outaouais pour l’un des premiers barons du bois d’œuvre de la région, Philemon Wright, fondateur de Wrightsville/Hull. 

Après avoir fait fortune dans le bois d’œuvre, Billings a diversifié ses activités dans l’agriculture. Ses premiers essais dans la région de Gloucester (Ottawa) sont largement responsables du défrichement des terres le long de la rivière Rideau. Il y a construit un pont (plus tard nommé pont Billings), pour amener les produits agricoles à la population grandissante d’Ottawa.

Le domaine Billings est la plus vieille maison de bois d’Ottawa. Braddish Billings a travaillé pour Philemon Wright, l’un des fondateurs de l’industrie du sciage dans la vallée de l’Outaouais. Braddish Billings a fondé une série d’entreprises prospères dans la ville en expansion et a été un pionnier pour la région.

Les visites patrimoniales comme celle à laquelle j’ai participé illustrent la contribution de l’industrie du sciage et des personnages qui l’ont bâtie. Ces hommes d’affaires ambitieux ont contribué non seulement à notre économie, mais à la construction de nos villes, de nos infrastructures et de notre patrimoine architectural et culturel.

Qu’en est-il de la contribution historique ou culturelle de l’industrie forestière dans votre collectivité? L’APFC célèbre cette année son 100e anniversaire et nous établissons une chronologie historique sur notre page Facebook : https://www.facebook.com/FPAC.APFC. Vous avez peut-être quelque chose à partager? J’aimerais connaître vos anecdotes; vous pouvez m’écrire au blog@fpac.ca