par David Lindsay, président et chef de la direction

Il y a déjà presque un an que j’ai écrit sur le programme commercial du Canada et l’industrie des produits forestiers. Compte tenu de la récente signature d’un accord de libre-échange avec la Corée, il est temps de revenir sur le sujet.

La Corée représente un marché intéressant pour le Canada. Le pays compte une population de 50 millions d’habitants et il s’agit d’une économie industrielle moderne. Le potentiel d’accroissement des échanges commerciaux avec nos partenaires coréens est élevé pour une foule de produits et l’Association des produits forestiers du Canada a publié un communiqué de presse à l’appui de l’accord de libre-échange du gouvernement.

Le Canada est un pays de commerce et l’industrie des produits forestiers est un important exportateur. Bien sûr, les États-Unis étaient et continuent d’être notre principal partenaire commercial. Toutefois, la situation des  exportations de produits forestiers canadiens évolue. Alors que nous avons déjà dépendu des États-Unis pour 80 pour cent de nos activités commerciales, ce chiffre a diminué et s’approche maintenant de 60 pour cent. Nos échanges commerciaux avec la Chine ont augmenté exponentiellement depuis dix ans, au point où les produits forestiers constituent maintenant la principale exportation canadienne en Chine.

Les entreprises forestières canadiennes exportent leurs produits dans 180 pays et les pays du littoral du Pacifique montrent un important potentiel non seulement pour les produits forestiers, mais pour toute l’économie des ressources du Canada. C’est pourquoi l’APFC continue d’appuyer l’engagement du gouvernement dans le Partenariat transpacifique.

La Chine, le Japon et la Corée sont déjà des marchés importants pour le secteur des produits forestiers et nous cherchons à faire plus. Bien que nos échanges commerciaux avec la Corée représentent moins de la moitié de ceux que le Canada entretient avec le Japon, c’est notre quatrième marché en importance par pays.

La possibilité d’expansion en Corée est très prometteuse. Actuellement, selon les statistiques gouvernementales, les importations de produits forestiers en Corée dépassent les 6 milliards de dollars et le Canada n’accapare qu’environ 8 pour cent de ce marché.

L’accord de libre-échange avec la Corée permettra d’éliminer, avec le temps, les droits imposés sur nos produits, et plusieurs comités techniques et scientifiques seront mis en place pour s’assurer que nos produits ne sont pas désavantagés par ce qu’on appelle parfois des barrières non tarifaires.
Bien sûr, la seule signature d’un tel accord ne crée pas plus d’échanges commerciaux. Ce sont les entreprises qui doivent tirer parti des possibilités commerciales qui en découlent. En travaillant avec les gouvernements, les délégations commerciales et le personnel des ambassades, nous devrions être en mesure d’explorer une nouvelle clientèle sur ce lucratif marché et d’accroître nos ventes à nos clients actuels.

Je me suis intéressé à un rapport de la Asia Pacific Foundation of Canada, qui montre que bien que 67 pour cent des Canadiens appuient en général les accords de libre-échange, seulement 41 pour cent appuient l’accord avec la Corée. Un article de cette fondation paru dans le Globe and Mail propose plusieurs explications à cette différence.

D’abord, on laisse entendre que les Canadiens sont préoccupés par les droits politiques et la démocratie en Corée. L’article explique que la Corée du Sud a pourtant un système politique tout à fait démocratique et que les Canadiens mêlent peut-être Corée du Sud et Corée du Nord.

La seconde explication de la fondation pour cette différence dans les résultats du sondage est que les Canadiens craignent de se faire concurrencer par le faible niveau de vie de la Corée et perçoivent les lois en matière d’environnement et de travail comme plus faibles. Encore une fois, l’article explique que cette perception est due à des informations erronées. Le niveau de vie en Corée est semblable à celui de l’Europe et il s’agit d’une économie moderne dotée de normes « robustes » au chapitre de l’environnement et du travail.

Enfin, et c’est peut-être une façon très diplomate de le dire, la fondation signale que « la distance culturelle contribue à façonner les opinions sur la Corée du Sud ». Certains répondants seraient inquiets de la menace « d’influences étrangères » sur le mode de vie du Canada.

J’ai trouvé la conclusion de l’article très intéressante : « Le gouvernement ne peut persuader les Canadiens du bien-fondé de l’accord avec de seuls arguments économiques. Il n’a pas besoin de vendre le libre-échange à la population. Il doit vendre la Corée du Sud à la population. »

L’Association des produits forestiers du Canada appuie un commerce libre et ouvert. L’accord de libre-échange avec la Corée n’est qu’un accord de plus dans ce qui, nous le souhaitons, sera une série d’ententes qui amélioreront les perspectives économiques du Canada dans le littoral pacifique et partout dans le monde.