Lorsque je parle aux gens de mon travail à l’Association des produits forestiers du Canada, j’obtiens généralement deux réactions presque contradictoires.

De prime abord, presque tout le monde s’intéresse sincèrement au secteur forestier. Mais je remarque aussi que les gens ont tendance à s’écarter de moi, lors de réunions familiales ou d’autres rencontres sociales, si j’aborde les détails de ce que nous faisons comme démarches en faveur de l’industrie forestière à Ottawa.

Les gens s’intéressent à l’industrie forestière, mais pas vraiment au processus de lobbying auprès du gouvernement.

Cette semaine, j’aimerais vous donner un exemple de ce que nous faisons régulièrement à Ottawa au nom du secteur forestier. Mais je vous avertis… c’est généralement à ce point que les gens me disent qu’ils vont se chercher un autre verre.

Plus tôt ce mois-ci, l’APFC a été invitée à se présenter devant le Comité permanent des ressources naturelles de la Chambre des communes.

Notre vice-présidente exécutive, Catherine Cobden, y a fait une présentation claire et factuelle et a répondu aux questions détaillées des politiciens du comité sur l’innovation dans le domaine de l’énergie.

La plupart des médias s’intéressent davantage à la période de questions et ont tendance à ne pas couvrir les comités parlementaires. Or, c’est souvent grâce aux présentations qu’on y fait et au travail sous-jacent à leur préparation que nous pouvons influencer la pensée politique et défendre les intérêts de nos sociétés membres.

En raison du bon travail qu’a accompli l’APFC à Ottawa au cours des années, notre organisation a acquis de la crédibilité et nous sommes régulièrement invités à faire des présentations aux comités parlementaires. Nous avons fait nos preuves par un travail stratégique substantiel et nous sommes en mesure de faire des présentations bien documentées.

Catherine et l’équipe de l’APFC ont fait un excellent travail, réunissant des faits et des chiffres et traitant d’innovation dans l’utilisation de l’énergie dans le secteur forestier. Voici un paragraphe de la présentation  officielle au comité :

« La bioénergie est un élément extrêmement important de notre programme de transformation pour tirer le maximum d'emplois et de débouchés économiques de chaque arbre récolté de façon durable au Canada. Pour vous donner un ordre de grandeur, l'industrie forestière canadienne a généré 47 000 térajoules d'électricité en 2011. C'est l'équivalent d'environ trois réacteurs nucléaires. Cette puissance était à 80 % de la bioénergie tirée des résidus de nos opérations forestières, comme on en a déjà parlé. Nous avons entièrement éliminé la génération d'énergie à partir du charbon dans nos installations — nous n'utilisons plus le charbon — et nous avons diminué de 91 % notre consommation de pétrole lourd. Cela s'est traduit par une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 73 % depuis 1990. En suivant cette trajectoire, nous avons continué de réduire largement nos émissions. »

Dans cette présentation, c’est l’histoire de la transformation de l’industrie des produits forestiers qui est racontée. Nous avons parlé de la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre et avons reconnu la contribution du gouvernement fédéral, qui a eu une réflexion stratégique audacieuse et créative qui s’est concrétisée par le Programme d’écologisation des pâtes et papiers (PÉPP). Je reparlerai plus en détail de ce programme d’un milliard de dollars dans un autre blogue.

Si vous voulez lire la transcription complète de l’audience de ce comité, elle est disponible sur le site Web du Parlement au : 

http://www.parl.gc.ca/HousePublications/Publication.aspx?DocId=6025650&Mode=1&Parl=41&Ses=1&Language=F#Int-7919825

Influencer la réflexion stratégique du gouvernement ne se fait pas seulement par une présentation devant un comité de la Chambre des communes, ni par un seul communiqué de presse ou une rencontre avec un ministre.

Donner notre point de vue au gouvernement avec cohérence et crédibilité demande de la persévérance. Ottawa est un milieu très compétitif et il n’est pas facile de faire entendre et comprendre votre message parmi les centaines d’intérêts en jeu.

Une bonne analyse basée sur des recherches approfondies est le moyen le plus efficace de démontrer sa compétence et de gagner en crédibilité pour votre cause. Les comités parlementaires sont l’un des véhicules disponibles pour présenter les enjeux et les préoccupations de nos entreprises forestières de façon transparente.

Ce travail n’est pas vraiment populaire, et il ne génère habituellement pas beaucoup d’intérêt lors d’un cocktail, mais c’est l’un des outils et tactiques que nous utilisons pour influencer les politiques gouvernementales et faire la promotion de l’industrie forestière.

Voilà l’une des choses à laquelle j’ai réfléchi cette semaine. Dites-moi ce qui vous en pensez : blog@fpac.ca