Samedi soir à Montréal, Greenpeace a présenté un autre de ses coups publicitaires afin de répandre de fausses informations sur l’aménagement forestier au Canada.

Notre forêt boréale est un trésor national. C’est une ressource que nous partageons tous et qui amène de réels avantages environnementaux, sociaux et économiques au Canada et au monde entier.

Compte tenu des millions de personnes qui vivent, travaillent et ont des loisirs dans la forêt boréale canadienne, il est important que nous travaillions ensemble pour profiter de forêts en santé, d’écosystèmes forestiers sains et de collectivités forestières dynamiques dans l’avenir.

Il est aussi important que nous nous prononcions clairement au nom des communautés et des travailleurs forestiers canadiens lorsque des groupes comme Greenpeace déforment les faits.

 

Consultation et certification – La méthode canadienne

Les Canadiens qui vivent dans les localités boréales partout au pays prennent part à l’élaboration de nos plans d’aménagement forestier parce que rechercher une vaste contribution des collectivités dans notre planification est notre façon de faire les choses, au Canada.

Avant qu’un seul arbre soit récolté, les communautés autochtones, les municipalités locales, les autres utilisateurs de la forêt et les résidents du secteur participent à plusieurs étapes du processus de planification pour faire en sorte que leurs valeurs soient respectées.

Par ailleurs, les politiques canadiennes d’aménagement forestier, qu’un examen indépendant a confirmées comme solides et strictement appliquées, exigent que 100 % des zones récoltées soient régénérées. On y arrive grâce au processus de régénération naturelle et à des activités de reboisement. En 2016 seulement, les entreprises forestières et les gouvernements provinciaux ont planté plus de 615 millions de semis.

Malgré ces faits sur les politiques d’aménagement forestier de premier plan du Canada, Greenpeace et ses alliés aimeraient que la population croie que la forêt boréale est dégradée et menacée. Leurs affirmations sont malhonnêtes et présentent sous un faux jour la façon dont les forêts sont aménagées et protégées au Canada.

Dans le rapport récent de Ressources naturelles Canada, intitulé L’État des forêts au Canada, 2018, le gouvernement fédéral confirme que c’est le Canada qui compte le plus (37 %) de forêts vérifiées et certifiées de façon indépendante dans le monde et que des 347 069 000 hectares de territoire forestier au Canada, seulement 0,2 % ont été récoltés l’an dernier.

 

La foresterie contribue à la lutte contre les changements climatiques

Aujourd’hui, le plus gros défi auquel nos forêts et nos écosystèmes forestiers sont confrontés au Canada est l’effet de notre climat changeant.

En 2016 uniquement, selon le rapport du gouvernement fédéral, nous avons perdu 24 fois plus d’arbres aux insectes, au feu et aux maladies que les arbres récoltés et remplacés.

C’est un appel à l’action autour duquel nous devrions tous nous mobiliser.

Les forêts âgées sont plus vulnérables aux perturbations naturelles comme le feu et les maladies. Comme ces forêts croissent plus lentement, elles sont aussi moins résistantes aux insectes et aux maladies. Les forêts matures ont aussi une concentration plus forte en débris ligneux secs, qui sont hautement combustibles.[1]

Plutôt que laisser ces zones être détruites de façon permanente par des perturbations naturelles, récolter les arbres matures crée les conditions nécessaires pour une régénération rapide et un stockage additionnel du carbone dans les produits forestiers tirés des forêts.

La foresterie canadienne imite les processus naturels de renouvellement des forêts. La récolte est un outil important de régénération, comme le ferait un incendie. Chaque étape de croissance a ses propres caractéristiques en termes de biodiversité : certains animaux, comme les orignaux, s’épanouissent dans les zones récoltées où la nourriture est abondante, alors que d’autres espèces y reviennent lorsque la forêt a atteint la maturité.

 

Travailler ensemble au rétablissement du caribou

Greenpeace prétend aussi faussement que le secteur forestier canadien s’oppose aux efforts pour protéger l’habitat du caribou.

Au contraire, le secteur forestier et ses travailleurs comprennent bien que le caribou est un élément important de la biodiversité, et c’est pourquoi l’industrie a appuyé la protection de plus de 1,5 million d’hectares de territoire dans le nord de l’Ontario et soutient de nombreuses initiatives de conservation au pays.

En Ontario et au Québec, plus de 75 % de l’aire de répartition du caribou est en dehors des limites des activités du secteur forestier. Pour les habitats situés dans les zones accessibles pour la récolte, les plans d’aménagement intègrent des mesures spéciales pour l’espèce.

Plus encore, dans nos plans d’aménagement forestier individuels, nous tenons compte de toutes les espèces d’oiseaux, de mammifères et de poissons, ainsi que des bassins hydrographiques et des milieux humides critiques.

Le secteur forestier canadien demeure déterminé à faire sa part pour appuyer l’avenir du caribou au Canada, et c’est pourquoi l’Association des produits forestiers du Canada (APFC) a diffusé récemment son rapport intitulé Contributions du secteur forestier au rétablissement du caribou des bois, afin de faire connaitre l’engagement et les efforts constants de notre secteur pour soutenir le rétablissement du caribou au pays.

 

Des partenariats clés avec des communautés autochtones

Au Canada, le secteur forestier est l’un des plus grands employeurs des travailleurs des Premières nations, quelque 12 000 Autochtones y travaillant. De plus, le secteur fait affaire avec plus de 1400 entreprises autochtones.

Il est malheureux que Greenpeace continue à nuire à ces emplois et à ces relations importantes dans le contexte de la réconciliation avec nos voisins et partenaires des Premières nations.

Des chefs des Premières nations se sont d’ailleurs prononcés publiquement contre les tactiques de Greenpeace :

« À notre avis, Greenpeace est un groupe environnemental qui fait dans les extrêmes et ne cherche pas d’équilibre entre la conservation et l’aménagement forestier. » Jack Picard, conseiller spécial du conseil de bande de la nation innue de Pessamit, au Québec.

Les forêts aménagées du Canada apportent de réels avantages environnementaux, sociaux et économiques à quelque 600 localités canadiennes; le secteur emploie directement 230 000 Canadiens et plus de 600 000 autres indirectement. Les forêts et notre approche de premier plan pour les aménager aideront le Canada à progresser dans l’atteinte de ses grandes priorités, soit une classe moyenne solide, des investissements dans l’innovation et la lutte contre les changements climatiques.

L’APFC continuera à travailler avec les gouvernements fédéral, provinciaux, autochtones et municipaux et avec d’autres partenaires des universités, du monde syndical et de la communauté environnementale pour établir des plans qui renforcent nos pratiques de foresterie durable, qui favorisent le caribou et toute la faune des forêts canadiennes et qui appuient nos collectivités.

Greenpeace aurait tout intérêt à revoir ses tactiques et à s’engager honnêtement à collaborer avec les travailleurs et les collectivités du Canada pour trouver des solutions. Nous pouvons faire tellement plus pour notre pays et pour les Canadiens quand nous travaillons ensemble pour renforcer notre environnement et notre économie.

[1] http://apps.mnr.gov.on.ca/public/files/er/mnrf-16-244-discussion-paper.pdf