La plus récente vidéo de l’organisme américain Natural Resources Defense Council (NRDC) sur les changements climatiques et les émissions de carbone ne tient pas compte de ce qui se passe réellement dans les forêts canadiennes ni de la façon dont nos forêts et leur aménagement contribuent à la lutte contre les changements climatiques.

La vidéo du NRDC s’ouvre sur des images d’une tourbière boréale, indiquant à juste titre que les zones comme les tourbières et les marécages nous aident à séquestrer le carbone. Ce que le NRDC oublie, c’est que dans nos plans d’aménagement forestier soigneusement établis, nous considérons ces zones dans notre cartographie et n’y récoltons que rarement des arbres.

Mais la plus grosse fausseté transmise dans la vidéo, c’est quand le NRDC insiste pour dire que les activités forestières canadiennes contribuent aux émissions de gaz à effet de serre. Ce n’est tout simplement pas le cas. En fait, dans son dernier rapport annuel sur L’État des forêts au Canada 2018, Ressources naturelles Canada (RNCan) indique que les forêts aménagées du Canada ont en réalité retiré plus de 20 millions de tonnes de CO2 de l’atmosphère en 2016 et continuent à représenter un puits constant de carbone. C’est tout à fait le contraire de ce que le NRDC tente de faire avaler à la population.[1]

La vidéo du NRDC est remplie d’autres omissions et déformations de la réalité des pratiques forestières canadiennes sur le terrain. Elle affirme faussement que la récolte est généralisée, alors que seulement 0,2 % de la forêt boréale est récoltée chaque année, selon RNCan.[2] Les lois strictes du Canada en matière d’aménagement forestier exigent que tous les plans soient rédigés avec la contribution des collectivités locales et que 100 % des forêts récoltées soient régénérées rapidement. Ainsi, la récolte n’est pas de la déforestation, qui est l’élimination permanente de forêts pour faire place à des usages non forestiers. Le Canada a en effet l’un des taux de déforestation les plus bas au monde, soit moins de 0,01 %.[3]

Au Canada, l’aménagement forestier durable crée de nouveaux habitats sains pour la faune, qui peuvent capter le dioxyde de carbone. La plupart des provinces font appel à une approche nommée aménagement écosystémique pour réduire l’écart entre les processus naturels et les pratiques d’aménagement.[4] Selon cette approche, la récolte est rapidement suivie de la régénération (soit par la plantation, l’ensemencement ou les processus naturels), qui redémarre les forêts à une étape de croissance différente, comportant sa propre diversité.

Cette méthode donne lieu à long terme à un stockage de carbone plus important qu’en l’absence de récolte. Les forêts âgées sont plus vulnérables aux perturbations naturelles comme le feu et les maladies. Comme les forêts matures croissent plus lentement, elles sont aussi moins résistantes aux insectes et aux maladies. Ces forêts ont une concentration plus forte en débris ligneux secs, qui sont hautement combustibles.[5] Cette menace est encore plus forte depuis que les changements climatiques occasionnent un risque accru de perturbations naturelles. Par exemple, les perturbations naturelles à grande échelle ont émis 98 millions de tonnes de CO2 au Canada en 2016.[6] Plutôt que laisser ces zones être détruites de façon permanente par des perturbations naturelles, la récolte des arbres matures crée les conditions nécessaires pour une régénération rapide et pour un stockage additionnel du carbone dans les produits forestiers tirés des forêts.

La séquestration du carbone est un facteur important pour atténuer les changements climatiques, mais l’industrie canadienne des produits forestiers est de plus le chef de file de la réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES) au Canada. En 2016, elle s’est engagée à retirer 30 millions de tonnes de CO2 d’ici 2030[7] et depuis 1990, le secteur canadien des pâtes et papiers a réduit ses émissions de GES de plus de 60 %.[8]

Ce que le NRDC refuse aussi d’admettre dans son scénario idéal, c’est que si les produits forestiers ne proviennent pas des forêts canadiennes bien aménagées et certifiées par un tiers, ils proviendront d’autres pays où l’aménagement forestier est beaucoup moins règlementé, ce qui augmentera le risque de réelle déforestation dans le monde.

Les gens qui vivent et travaillent dans la forêt boréale canadienne se préoccupent de sa santé et de son avenir, car de nombreuses collectivités du pays dépendent de cette abondante ressource renouvelable qui se trouve dans leur voisinage. Par ailleurs, l’industrie des produits forestiers est le plus important employeur des travailleurs des Premières nations, employant directement ou indirectement quelque 12 000 Autochtones.

L’industrie des produits forestiers est déterminée à atténuer les effets des changements climatiques par une foresterie durable, et les Canadiens méritent de connaître la vérité sur nos pratiques.

[1] http://cfs.nrcan.gc.ca/entrepotpubl/pdfs/39337.pdf

[2] http://cfs.nrcan.gc.ca/entrepotpubl/pdfs/39337.pdf

[3] http://cfs.nrcan.gc.ca/entrepotpubl/pdfs/39337.pdf

[4] https://www.rncan.gc.ca/forets/feux-insectes-perturbations/deboisement/13420

[5] http://apps.mnr.gov.on.ca/public/files/er/mnrf-16-244-discussion-paper.pdf

[6] http://cfs.nrcan.gc.ca/pubwarehouse/pdfs/38872.pdf

[7] https://www.fpac.ca/fr/lindustrie-des-produits-forestiers-lance-le-defi-30-en-30-des-changements-climatiques/

[8] https://www.fpac.ca/fr/deboutpourlaforesterie/