Travailler aux politiques et à la promotion du secteur forestier canadien est un défi passionnant. Cette industrie a des activités d’un océan à l’autre et les enjeux avec lesquels elle doit composer sont variés : économie, environnement, commerce international, innovation, technologie. Le secteur forestier a une longue histoire et, comme dépositaire d’une ressource renouvelable, voit s’ouvrir un avenir prometteur au Canada.

À titre de nouveau président de l’APFC, je m’appuie sur le travail des ambassadeurs dévoués qui m’ont précédé. Et comme c’est le cas pour la pratique même de la foresterie, une partie de ce que nous faisons aujourd’hui sème des graines qui seront récoltées par nos successeurs.

Depuis 200 ans, les forêts du Canada ont non seulement défini notre géographie et influencé la colonisation du pays, mais elles ont aussi façonné notre histoire économique. Pendant les guerres napoléoniennes  du début des années 1800, le bois canadien était essentiel à la marine britannique. Durant tout le 19e siècle, il a constitué une exportation majeure vers la Grande-Bretagne.

Mais bien que la riche histoire de la foresterie canadienne s’étende bien avant la Confédération, la création d’une association nationale consacrée à la promotion de l’industrie n’a pas eu lieu avant le début du siècle dernier.

C’est en effet le 8 mars 1913 qu’un groupe de 14 dirigeants d’entreprises forestières se sont réunis à l’hôtel King Edward, à Toronto. La réunion avait été organisée par le rédacteur en chef de la revue Pulp and Paper Magazine. Ils ont discuté de la nécessité de collaborer sur des sujets comme les tarifs douaniers, le coût du transport par rail et les marchés et ont décidé d’établir une organisation qui aurait pour but « de considérer les sujets d’intérêt général pour l’industrie des pâtes et papiers, de favoriser sa prospérité et de voir aux relations sociales entre les membres ».

La première réunion de la nouvelle Association canadienne des pâtes et papiers (ACPP) a eu lieu moins de deux semaines plus tard à l’hôtel Windsor, à Montréal. Ce mois-ci marque donc le 100e anniversaire de l’Association.

Depuis ce temps, l’industrie forestière a évolué : de nouvelles pratiques, de nouveaux marchés et de nouveaux produits sont apparus. La promotion du secteur a aussi évolué. À la fin du 20e siècle, l’ACPP est devenue l’Association des produits forestiers du Canada (APFC) et a déménagé ses bureaux de Montréal à Ottawa.

L’industrie a continué à croître. Pendant la majeure partie du 20e siècle, le secteur forestier était le principal employeur, le principal exportateur et le principal contributeur à l’économie canadienne.

Au cours de la Première Guerre mondiale, le gouvernement britannique a fait appel au savoir-faire des forestiers du Canada et a fondé le Corps forestier canadien pour travailler dans les forêts d’Europe. Pendant la Seconde Guerre mondiale, l’ACPP a établi le Machine Shop Board, qui offrait des installations industrielles au gouvernement canadien pour contribuer à l’effort de guerre. Lors de l’Exposition universelle de 1967, à Montréal, l’industrie des pâtes et papiers, la principale industrie canadienne de l’époque, avait un pavillon grandement apprécié.

Puis, au milieu des années 2000, est arrivée la « tempête parfaite » : les mises en chantier ont fléchi considérablement aux États-Unis, la valeur du dollar canadien a atteint des sommets par rapport à la devise américaine, la demande de papier journal a chuté et les changements d’habitudes d’écriture et de lecture ont ébranlé les fondations du secteur papetier.

L’industrie a été confrontée à la nécessité d’un changement. Les quatre facteurs à la base du programme de transformation étaient les suivants : améliorer la compétitivité, tirer parti du dossier environnemental de l’industrie, fabriquer de nouveaux produits innovateurs et explorer de nouveaux marchés.

À partir de cette stratégie de transformation, les sociétés membres de l’Association se sont engagées au programme Vision 2020 https://www.fpac.ca/fr/vision-2020/ , dont voici les trois piliers :

  • Les personnes  – 60 000 d’ici 2020
  • La performance – amélioration de 35 % de la performance environnementale
  • Les produits – 20 milliards de dollars en nouveaux marchés et produits

Nous sommes déterminés à réaliser cette vision d’ici l’année 2020. Nous allons continuer à améliorer nos pratiques environnementales. Avec les gouvernements et d’autres partenaires, nous étendons nos marchés partout dans le monde. À l’ère de la bioéconomie, nous extrayons davantage de chaque arbre et créons de nouveaux produits et de nouvelles utilisations pour la fibre forestière.

Cette nouvelle technologie et ces nouveaux procédés de fabrication nécessiteront un renouvellement de notre main-d’œuvre.

Au cours des prochaines semaines, j’expliquerai chacun des piliers du programme Vision 2020. J’espère que vous nous visiterez régulièrement et participerez à ce dialogue.

Je vous dirai ce que je pense et je souhaite que vous en fassiez autant au : blog@fpac.ca