par David Lindsay, président et chef de la direction

 

Le jour du Souvenir 2014 au Monument commémoratif de guerre à Ottawa a été l’un des plus émouvants des dernières années. Le meurtre tragique du caporal Nathan Cirillo, le 22 octobre 2014 au monument même, a eu un impact majeur sur la ville. De nombreux édifices du centre, y compris les bureaux de l’APFC, ont été bloqués pendant des heures après la fusillade. Des rumeurs faisant croire à la présence d’autres tireurs sur les toits et de voitures piégées ont circulé sur Twitter et dans les grands médias. On nous a avertis de rester loin des fenêtres et de ne pas quitter l’immeuble.

Cette photo du caporal Nathan Cirillo a été prise par un touriste au Monument commémoratif le matin même de l’attaque qui lui a coûté la vie, le 22 octobre 2014.

Alors le 11 novembre, des milliers de personnes d’Ottawa et d’innombrables autres de partout au Canada se sont rassemblées au Monument, non seulement pour se souvenir de ceux qui ont donné leur vie et pour marquer le 100e anniversaire du début de la Première Guerre mondiale, mais aussi pour rendre hommage au caporal Cirillo.

Le Canada a une longue histoire militaire. Et il est intéressant de noter que l’industrie forestière et les travailleurs forestiers ont aussi une longue et fière tradition de service militaire. En fait, si on pense à la première campagne internationale à laquelle ont participé des volontaires canadiens en 1884-85, on remarque un lien fascinant avec les travailleurs forestiers, en particulier des Premières nations.

Lorsqu’on visite la Tour de la Paix sur la colline du Parlement, la Chapelle du souvenir est une partie importante de la visite guidée. La chapelle a été dessinée en 1923 et la construction a commencé cette même année, par John A. Pearson.  C’est le prince de Galles qui l’a inaugurée en 1927 et elle a été ouverte au public le jour du Souvenir en 1928.

La construction de la Tour de la Paix et de la Chapelle du souvenir, au deuxième étage, a commencé en 1923 et s’est terminée en 1927. La chapelle mesure  24 pieds sur 24.  C’est un magnifique sanctuaire, qui abrite l’autel du Souvenir et les livres du Souvenir, qui contiennent les noms de ceux qui ont fait l’ultime sacrifice de leur vie pour leur pays sur le champ de bataille.

Quand on entre dans la chapelle par l’arche au deuxième étage, immédiatement à gauche, dans la première niche, les mots « The Nile – Le Nil » et une date (1884-85) sont sculptés dans le marbre. Il s’agit de l’expédition de Wolseley qui a remonté le Nil en Égypte pour sauver le général Gordon, gouverneur général du Soudan assiégé à Khartoum.  C’était la première fois qu’une unité de Canadiens  se rendait outre-mer pour livrer bataille en sol étranger.

Le lien avec le secteur forestier canadien est fascinant. Garnet Wolseley était au Canada dans les années 1870, où il a pour la première fois rencontré d’intrépides draveurs canadiens-français et mohawks du commerce du bois. Lorsqu’est venu le moment, pour Wolseley, de préparer une expédition pour remonter le Nil une douzaine d’années plus tard, il s’est rappelé ces navigateurs des eaux turbulentes des rivières canadiennes. Il a écrit au Canada pour demander des volontaires qui pourraient aider les Britanniques à traverser les eaux agitées des cataractes du Nil. Plus de 380 hommes se sont enrôlés, notamment  60 Mohawks de Kahnawake, Kanesatake et Akwesasne, ainsi que plusieurs Ojibways de l’Ouest.

L’auteur Carl Benn a écrit sur cette expédition et sur l’histoire des recrues canadiennes dans un ouvrage intitulé Mohawks on the Nile: Natives among the Canadian Voyageurs in Egypt.  Ce livre a été publié Dundurn Press en 2009 et comprend une bonne partie des écrits originaux de deux vétérans mohawks de la campagne, Louis Jackson et James Deer.

Il est intéressant de noter qu’un autre auteur beaucoup plus connu a écrit un compte rendu détaillé de la guerre contre le Madhi. Winston Churchill avait 25 ans et voulait faire sa marque comme correspondant de guerre. Il a publié un compte rendu en deux volumes sur la guerre de 1899.  The River War: An Historical Account of the Reconquest of the Sudan a été publié (en un volume) et réédité 1902.

En 1966, les Studios Pinewood, en Angleterre, ont fait un film à gros budget sur le siège de Khartoum mettant en vedette Charlton Heston dans le rôle du général Gordon et Sir Lawrence Olivier dans celui du Madhi. 

L’histoire de la guerre du Soudan et du siège de Khartoum a fait l’objet de livres et de films, mais la participation des Mohawks et d’autres Canadiens à cette campagne militaire a reçu peu d’attention. 

La nation canadienne n’a pas l’habitude de se vanter, et pourtant nous avons un imposant dossier de service militaire. Depuis deux siècles, le secteur des produits forestiers a contribué considérablement à ces efforts. Cette annonce de l’industrie canadienne des pâtes et papiers, parue dans un journal du temps de la Seconde Guerre mondiale, témoigne de la fière contribution de l’industrie à l’effort de guerre du Canada.