Les gouvernements ne comprennent pas la gravité de la crise dans l’industrie Canadienne des produits forestiers
20 avril 2009, Ottawa, ON
L’annonce faite aujourd’hui par les gouvernements du Québec et du Canada quant à la formation d’un comité mixte sur les problèmes du secteur forestier n’a rien de réconfortant pour les quelque 250 000 employés et 300 collectivités qui dépendent de la forêt d’un océan à l’autre et luttent pour leur survie.
Depuis le début de la récession, la situation économique de l’industrie forestière s’est détériorée à un rythme encore plus rapide que ce qu’on prévoyait, de nouvelles difficultés surgissant presque tous les jours.
« Quatre semaines de discussion entre bureaucrates, ce n’est pas ce à quoi nous nous attendions. Appliquer les programmes existants et les mesures annoncées dans le budget de janvier est important, mais ne constitue pas une réponse appropriée compte tenu de la gravité de la crise et des événements des récentes semaines », a indiqué Avrim Lazar, président et chef de la direction de l’Association des produits forestiers du Canada (APFC).
« Le secteur forestier canadien a perdu 50 000 emplois depuis deux ans. Plus de 250 usines ont fermé ou suspendu leurs activités au cours de la même période. L’industrie forestière canadienne ne peut attendre l’issue d’autres discussions sur ce que les gouvernements doivent faire. Nous savons ce qu’il faut faire au niveau national. Allons-y avant de perdre d’autres milliers d’emplois », a-t-il ajouté.
Voici les mesures urgentes à prendre :
- Réagir aux subventions américaines pour la liqueur noire : Le gouvernement américain distribue des milliards de dollars en subventions à l’industrie de la pâte pour le combustible renouvelable qu’elle produit et utilise dans ses usines (la « liqueur noire »). Si le gouvernement fédéral ne prend pas rapidement des mesures pour compenser ces subventions d’ici deux mois, les dommages à l’industrie en termes de pertes d’emplois seront irréversibles.
- Moderniser les politiques d’allocation des bois des provinces : Les provinces détiennent la propriété de la majorité du bois utilisé dans les usines canadiennes et depuis trop longtemps, elles aménagent la ressource en fonction de considérations politiques à court terme plutôt que de la croissance économique à long terme. Par exemple, au Québec, le coût du bois est parmi les plus élevés dans le monde et les politiques archaïques d’allocation des bois ont retardé des investissements urgents. Cela doit changer.
- Assurer un système de transport ferroviaire national concurrentiel : Les deux sociétés nationales de transport ferroviaire ont le monopole dans de nombreuses communautés rurales et elles offrent un mauvais service et des prix gonflés qui rendent nos usines moins concurrentielles. Le gouvernement fédéral doit intervenir pour mettre fins à ces abus. Le Canada rural et ses industries ont droit à un service et à des tarifs de transport par rail concurrentiels.
- Moderniser les crédits d’impôt pour la R&D et les dépenses en capital : La principale mesure d’encouragement d’Ottawa pour la R&D est un crédit d’impôt dont les entreprises ne peuvent profiter pendant les récessions, quand elles ne sont pas rentables. Ces crédits d’impôt devraient être remboursables. Les crédits d’impôt accélérés pour les dépenses en capital et le report rétrospectif des pertes fiscales doivent être étendus pour stimuler les investissements nécessaires.
- Assurer l’accès au crédit : Dans le climat économique actuel, les marchés du crédit commercial restent léthargiques, menaçant des entreprises saines qui ont de bonnes stratégies commerciales. Le gouvernement fédéral doit agir avec plus de vigueur pour appliquer les mesures annoncées dans le budget afin de faciliter l’accès au crédit pour les entreprises.
- Soutien à l’adoption de l’énergie verte : L’industrie des produits forestiers est de loin le plus grand producteur d’énergie renouvelable au Canada en ce moment, générant suffisamment d’énergie pour remplacer trois réacteurs nucléaires. Ottawa doit mettre sur pied une politique nationale sur l’énergie verte qui reconnaît les investissements existants et favorise les nouveaux investissements dans une énergie propre et verte pour nos usines.
M. Lazar souligne la nécessité d’agir pour soulager les difficultés du secteur forestier à l’échelle nationale. « Ce qui se fait dans une région influencera le sort de toutes les régions, en particulier si l’Accord sur le bois d’œuvre résineux est touché. Nous n’avons pas besoin que le gouvernement fédéral exacerbe les tensions régionales », a-t-il affirmé.
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L’APFC est le porte-parole, au Canada et à l’étranger, des producteurs canadiens de bois, de pâte et de papier pour les questions touchant le gouvernement, le commerce et l’environnement. L’industrie forestière canadienne a un chiffre d’affaires de 80 milliards de dollars par année qui représente près de 2 % du PIB et 11 % du PIB manufacturier du Canada. Il s’agit de l’un des plus gros employeurs du pays, qui a des activités dans plus de 300 collectivités canadiennes et procure près de 700 000 emplois directs et indirects d’un océan à l’autre.
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