La hausse du dollar n’est pas un sport de salon; le gouvernement doit faire preuve de leadership et agir sur-le-champ, selon l’industrie forestière
02 novembre 2007, Ottawa, ON
Réagissant à l’envolée record du dollar canadien, qui a dépassé 1,06 $ US, le président de l’Association des produits forestiers du Canada (APFC) a pressé le gouvernement fédéral et la Banque du Canada de faire preuve d’un leadership fort pour s’attaquer à cette montée effrénée de la valeur de notre devise, qui n’a pas de précédent.
Le dollar s’est apprécié de 64 % depuis 5 ans, ce qui place une pression énorme sur l’industrie canadienne des produits forestiers et sur le secteur manufacturier canadien dans son ensemble. Depuis 2002, le secteur manufacturier a perdu 280 000 emplois, dont 32 000 dans l’industrie forestière. Il n’est donc pas surprenant que la croissance globale de la productivité du secteur des affaires au Canada ait ralenti de façon marquée au cours des 9 à 12 derniers mois, car des usines de produits forestiers et d’autres secteurs très productifs de notre économie ont dû fermer leurs portes. À ce jour cette année, les usines canadiennes ont annoncé 54 cas de fermeture, ce qui s’est traduit par la perte de plus de 6500 emplois.
« Il devient de plus en plus évident que la hausse incontrôlée du dollar a peu à voir avec la force de l’économie canadienne, mais est plutôt causée par des problèmes économiques au sud de la frontière », a indiqué Avrim Lazar, président et chef de la direction de l’APFC. « Certains prétendent qu’une monnaie forte sera positive à long terme pour le Canada, car elle nous mènera enfin vers le Saint-Graal des économistes, soit une croissance plus rapide de la productivité. Quels que soient les mérites théoriques de cet argument, les manuels n’ont sûrement pas été rédigés dans le contexte actuel de l’économie canadienne : notre monnaie s’est appréciée de 64 % en 5 ans et de 22 % cette année seulement, par rapport à celle du pays qui achète 30 % de notre PIB. Ça ne fonctionne pas. »
Jusqu’ici, les faits brossent un portrait très différent de la situation, qui est tout sauf positive pour la productivité au Canada. L’industrie forestière canadienne avait un excellent dossier de productivité par rapport à celui de son homologue américaine et à celui de l’économie canadienne dans son ensemble. Par exemple, dans le secteur des produits du bois, la croissance de la productivité du travail dépassait celle de tous les secteurs industriels canadiens depuis 6 ans, atteignant un taux de croissance correspondant à plus du double de celui de son homologue américain. Toutefois, cela n’a pas été suffisant pour contrer l’appréciation du dollar canadien. Propulsés par la hausse de la valeur du huard, les coûts de la fibre de bois de l’industrie québécoise du sciage sont passés des plus bas en Amérique du Nord il y a cinq ans aux plus hauts des grandes régions productrices aujourd’hui. Au Canada, même les usines d’envergure mondiale luttent pour leur survie alors que le dollar canadien représente une aubaine pour les usines moins efficaces des États-Unis. .
Il est clair que la valeur de la devise canadienne est influencée par bien des facteurs sur lesquels le gouvernement et les autorités monétaires n’ont aucun contrôle. L’industrie convient aussi qu’elle doit être prête à faire ce qu’elle peut pour s’adapter à un dollar plus fort. « Nous ne nous attendons pas à ce que le gouvernement fasse tout pour nous », a poursuivi M. Lazar. « Nous espérons cependant qu’il considère attentivement les implications à long terme d’un dollar à parité (ou au-delà) sur notre économie et qu’il fasse preuve de leadership en travaillant avec les industries et les régions touchées ».
« Ailleurs dans le monde, les responsables des politiques semblent comprendre le rôle central des taux de change sur l’économie et la force concurrentielle; ce n’était pas le cas, jusqu’à récemment à tout le moins, au Canada. Par exemple, malgré la faiblesse du dollar américain, les taux de change avec des partenaires commerciaux comme la Chine demeurent un enjeu politique majeur à Washington pour l’Administration et le Congrès », a ajouté M. Lazar. « En Europe, les dirigeants politiques et financiers s’expriment haut et fort au sujet des problèmes que la force de l’euro cause à Airbus et à d’autres industries d’importance stratégique pour leur économie. L’euro a atteint des sommets de son histoire par rapport au dollar américain, mais l’Allemagne a vu sa monnaie s’apprécier seulement d’environ 10 % sur une base pondérée en fonction des échanges au cours de la décennie. Au Canada, nous avons vu le taux de change pondéré augmenter de plus de 40 % sans qu’on discute ni qu’on débatte de ce que cela signifie pour notre avenir économique. »
« Comme il y a peu de chance qu’on fasse réellement quelque chose à cet égard, il ne faut pas se surprendre que les courtiers de change aient continué à pousser le dollar encore plus haut ces dernières semaines », a conclu M. Lazar. « Nous sommes cependant heureux que le ministre Flaherty ait reconnu plus tôt cette semaine les difficultés liées à la hausse du dollar et sommes prêts à collaborer avec le gouvernement sur cette question. »
L’APFC est le porte-parole, au Canada et à l’étranger, des producteurs canadiens de bois, de pâte et de papier pour les questions touchant le gouvernement, le commerce et l’environnement. L’industrie forestière canadienne a un chiffre d’affaires de 80 milliards de dollars par année et représente 3 % du PIB du Canada. Il s’agit de l’un des plus gros employeurs du pays, qui a des activités dans plus de 320 collectivités canadiennes et procure près de 900 000 emplois directs et indirects.
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