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Points de vue

À noter : le gouvernement doit prendre des mesures énergiques

19 janvier 2009, Ontario, Nouveau-Brunswick et Colombie-Britannique

L’utilisation des produits forestiers est tellement ancrée dans nos vies quotidiennes que nous ne nous rendons pas compte dans quelle mesure nous en dépendons. Pensez-y quand vous marchez sur le plancher de bois de votre maison à ossature de bois, à la recherche d’un papier pour noter quelque chose sur votre bureau, aussi fait en bois.

Même si plus de gens communiquent de façon électronique et fabriquent des produits à l’aide d’autres matériaux que le bois, la croissance économique mondiale suscitera une augmentation marquée de la demande pour les produits forestiers.

En effet, dans les nouvelles économies comme la Chine et l’Inde, le revenu par habitant triplera au cours des vingt prochaines années. La mission de l’industrie des produits forestiers est de transformer cette occasion à saisir en emplois pour les Canadiens.

Il faudra pour ce faire deux choses : une industrie ambitieuse et innovatrice et des gouvernements disposés à créer des conditions commerciales favorables. L’industrie forestière canadienne est le plus grand exportateur de produits forestiers dans le monde. Elle a besoin que le gouvernement contribue à la solution.

Au moment où le gouvernement fédéral met la dernière main à son plan de relance économique, principal élément du budget imminent, l’industrie des produits forestiers le presse de penser à long terme.

Le gouvernement doit aller au-delà des remises à flot et orienter ses dépenses de façon à attirer l’investissement et à établir des conditions commerciales concurrentielles qui maintiendront les emplois dans la province après la crise actuelle et pour l’avenir.

Dans tout le Canada, les fabricants de produits forestiers emploient 300 000 personnes dans quelque 300 localités. C’est plus que la main-d’œuvre combinée des trois grands de l’automobile et des cinq grandes banques.

Même avant que le ralentissement économique actuel se manifeste, l’industrie forestière affrontait des conditions difficiles : recul du secteur de l’habitation aux États-Unis, resserrement des marchés du crédit et fluctuations des coûts de l’énergie et de la valeur du dollar.

L’industrie a réagi à ces difficultés en se modernisant, grâce à des investissements de plus de 4 milliards de dollars par année depuis 10 ans pour renouveler ses installations et de plus d’un demi-milliard par année en recherche et développement.

C’est ainsi que partout au Canada, des entreprises de produits forestiers ont imaginé des façons innovatrices de demeurer concurrentielles en investissant dans des produits variant de chaudières à la fine pointe de la technologie utilisant de la biomasse plutôt que des combustibles fossiles à des emballages intégrant une puce à radiofréquence qui permet de suivre facilement les produits expédiés.

Il est maintenant temps que le gouvernement fasse sa part. Le Canada ne peut réussir sur les marchés de demain avec des politiques du passé.

Une réforme réglementaire, une mise à jour de la fiscalité de même que des améliorations des infrastructures et des transports sont depuis longtemps au programme du gouvernement, mais les changements sont terriblement lents, ce qui entraîne des dizaines de milliers de pertes d’emplois et menace bien d’autres postes.

Une réforme réglementaire, une mise à jour de la fiscalité de même que des améliorations des infrastructures et des transports sont depuis longtemps au programme du gouvernement, mais les changements sont terriblement lents, ce qui entraîne des dizaines de milliers de pertes d’emplois et menace bien d’autres postes.

Tout cela coûterait environ 600 millions de dollars sur cinq ans. Le coût des pertes d’emplois dans cette industrie canadienne de premier plan est beaucoup plus élevé, non seulement pour les travailleurs, mais pour les collectivités et les provinces qui comptent sur les retombées économiques que ces travailleurs génèrent.

Les gouvernements provinciaux doivent aussi apporter leur contribution. Les changements aux politiques forestières provinciales n’ont pas suivi l’évolution du monde dans lequel évoluent les entreprises, ce qui rend la situation économique actuelle encore plus précaire.

Mais avec des dépenses judicieuses et des mesures économiques énergiques, le Canada peut sortir de cette récession bien positionné pour prospérer.
      
Plusieurs de nos concurrents sont ralentis par des conflits locaux d’utilisation du territoire, par la réaction internationale à une exploitation forestière illégale endémique et par la disparition soudaine du crédit nécessaire pour développer leurs opérations.
      
Par ailleurs, les consommateurs cherchent de plus en plus à acheter du bois et du papier de producteurs qui récoltent légalement, qui régénèrent rapidement les superficies coupées, qui sont ouverts à l’examen indépendant de leurs pratiques forestières et qui réduisent leurs déchets et leurs émissions. Le Canada est le chef de file de la foresterie durable dans le monde et son industrie des produits forestiers a atteint 10 fois les cibles de Kyoto dans la réduction de ses émissions de gaz à effet de serre; il est clair que la demande pour les produits canadiens va continuer de croître.

Le secteur forestier canadien est une source importante d’emplois et de richesse à l’échelle nationale, mais nous ne pouvons le tenir pour acquis. C’est pourquoi les gouvernements doivent prendre des mesures énergiques dès maintenant pour mettre en place des conditions économiques gagnantes, non seulement pour les gens de la province, mais pour la prospérité future de tous les Canadiens.


Avrim Lazar est président et chef de la direction de l’Association des produits forestiers du Canada. Il préside aussi la National Business Association Roundtable et le Conseil international des associations forestières et papetières (ICFPA).

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