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À quoi tiendra l’importance du secteur forestier canadien? La rareté des terres stimulera la demande pour le bois du Canada

01 juin 2008

Il est clair que la situation économique actuelle est sombre dans le secteur forestier canadien. Toutefois, si on se tourne vers l’avenir, vers là où l’économie mondiale se dirige rapidement, les perspectives à long terme pour l’industrie sont excellentes. Aussi étrange que cela puisse paraître, c’est l’avenir du secteur en proie aux plus grandes difficultés qui nous montre de façon incroyable que le Canada sera privilégié dans l’économie mondiale de demain.

Comment peut-on être optimiste à ce point pendant ce qui est sans doute la pire période de l’histoire de notre industrie? C’est que les ressources naturelles produites de façon durable constitueront les produits les plus prisés de l’économie mondiale de demain.

Les chiffres sont simples : les économistes prévoient que le PIB mondial doublera au cours des 20 prochaines années, pendant que le revenu par habitant des pays en développement triplera. Ce passage des plus démunis de la recherche de subsistance à l’économie moderne a longtemps été le rêve de l’humanité, mais sa réalisation exercera une pression sur la planète. Considérons seulement la situation actuelle, où le prix de l’énergie et des produits naturels augmente et où les preuves des dommages que nous infligeons à la planète se multiplient. Pensons maintenant à ce qui arrivera si le PIB mondial double en 20 ans seulement.

Compte tenu d’une richesse mondiale à la hausse, on prévoit que la demande pour le bois et le papier augmentera considérablement au cours des années qui viennent. Cependant, le niveau mondial de production sera loin d’être en mesure de répondre à cette demande croissante. Dans le passé, on y parvenait en établissant des plantations forestières à faible coût sous les tropiques. Mais la nouvelle réalité sociale et économique va pratiquement mettre un terme à l’expansion de cette foresterie tropicale.

En effet, il manque déjà de terres pour produire la nourriture dont un monde plus prospère a besoin. La priorité des plus démunis, pour passer d’une économie de subsistance à l’économie moderne, c’est la protéine animale, en particulier pour les enfants. Mais la production de protéines exige dix fois plus de territoire que celle des aliments traditionnels. Ajoutons à cela la pression résultant des investissements massifs dans la production de biocarburants tirés de la canne à sucre, du maïs et de l’huile de palme, et il est clair qu’on se dirige vers une grave pénurie de terres. La question de l’eau fait encore plus réfléchir, si c’est possible.

Le monde devra donc se tourner vers le Canada et les autres nations boréales qui disposent de vastes territoires boisés, d’énergie et d’eau pour fournir des produits forestiers.

Mais ce n’est qu’un côté de la médaille. L’exploitation forestière illégale et la déforestation à grande échelle sont des fléaux planétaires qui n’ont pas été stoppés ni même grandement réduits. Leur impact sur les changements climatiques et la dégradation de l’environnement est énorme.

Au Canada, nous avons choisi une autre voie. Nous régénérons nos forêts rapidement, l’industrie est réglementée et nos pratiques forestières sont l’objet d’examens externes. L’industrie canadienne des produits forestiers, qui cherche à réduire sa dépendance envers les combustibles fossiles, est bien plus qu’à mi-chemin dans cette voie. En outre, elle est bien placée pour atteindre son engagement d’une empreinte neutre en carbone d’ici 2015, sans achat de crédits compensatoires. Grâce à la réglementation gouvernementale et à l’esprit d’initiative de l’industrie, nous ne nous reposons pas sur nos lauriers, mais tentons plutôt continuellement de nous améliorer.

La réponse du marché à ces choix environnementaux se fera sentir davantage à mesure que le monde rejettera le bois des exploitants illégaux et des pays qui ne limitent pas la déforestation. La responsabilité environnementale de l’industrie est peut-être une vertu en ce moment, mais ce sera bientôt un avantage concurrentiel clé qui se traduira par des emplois pour les Canadiens.

Le monde change rapidement et la demande pour les produits forestiers devra être comblée par des pays qui peuvent fournir ces produits de façon durable, sans utiliser de territoires qui pourraient servir à la production de nourriture ou de carburant. Peu de pays sont aussi bien placés que le Canada pour y parvenir. Voilà qui explique cette confiance ressentie non seulement à l’égard de l’industrie forestière, mais aussi à l’égard des perspectives économiques globales pour le Canada au sein de la nouvelle économie mondiale.


Avrim Lazar est président et chef de la direction de l’Association des produits forestiers du Canada.

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