Le porte-parole, au Canada et à l'étranger,
des producteurs canadiens de bois, de pâte et de papier
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Dollar à la hausse, reprise à la baisse: M. Carney a besoin de latitude pour redresser la situation
09 octobre 2009
Ces dernières semaines, le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney, et le ministre des Finances, Jim Flaherty, ont tous deux reconnu que l’envolée spectaculaire du huard depuis six mois menaçait la fragile reprise économique au Canada.
Dans le passé, les gouvernements ont tenu pour acquis que l’acceptation passive était la meilleure façon de réagir aux fluctuations de notre devise. Aujourd’hui, le ministre des Finances et le gouverneur de la Banque du Canada laissent entendre qu’il serait temps d’adopter une position plus interventionniste pour ce qui est du dollar canadien. Nous sommes tout à fait d’accord. Les méthodes d’hier ne nous seront d’aucun secours dans l’économie de demain.
Depuis dix ans, la Banque du Canada a mis l’accent sur un objectif, soit contrôler l’inflation, et elle compte sur un instrument pour le faire : les taux d’intérêt. Elle se contente de laisser le marché des changes établir la valeur du dollar canadien, ce qui a donné lieu à une forte instabilité qui a miné la confiance dans la capacité soutenue du Canada à prospérer comme nation exportatrice.
Les circonstances actuelles exigent des mesures plus vigoureuses. Le Canada est une petite nation libre-échangiste et sa qualité de vie dépend fortement de sa réussite en tant qu’exportateur à l’échelle mondiale. Et cette réussite est fortement tributaire de la valeur du dollar.
Nous croyons toujours qu’au fil du temps, on devrait laisser le taux de change refléter les facteurs économiques fondamentaux. Mais il est nettement périlleux pour notre économie de laisser les caprices des marchés spéculatifs créer de fortes distorsions à court terme dans la valeur de notre monnaie.
Dans l’industrie de la pâte, par exemple, une augmentation de un point du taux de change Canada-États-Unis réduit les revenus de l’industrie de 15 %. L’impact de l’ascension rapide et de l’instabilité du huard au cours du premier semestre de l’année a miné ce qui aurait pu être une forte reprise dans l’industrie. Cet impact a plutôt effacé 80 % des revenus du secteur et laissé en suspens des milliers d’emplois dans des centaines de localités partout au pays.
Ce sombre scénario se reproduit dans tout le spectre du secteur manufacturier, qui voit le retour de la demande et des prix plus élevés annulés par une augmentation rapide de la valeur du dollar.
Le monde a changé depuis un an. Toutes les nations émergent de la récession plus minces et plus affamées. La concurrence mondiale pour une place sur le marché est féroce. Les gouvernements nationaux et leurs agences interviennent plus que jamais dans leur économie pour tenter d’accaparer une part du gâteau.
Le seul levier important dont dispose notre gouvernement pour faciliter l’exportation à court terme est une politique sur le taux de change. C’est particulièrement vrai quand l’augmentation de la valeur du dollar dépend de la spéculation plutôt que des facteurs économiques fondamentaux, comme c’est le cas depuis six mois.
Nous avons besoin d’une Banque prudente, mais d’une Banque souple et confiante en ses possibilités. Dans un monde en évolution, s’en tenir aux recettes d’hier pour déterminer comment et quand la Banque du Canada devrait intervenir dans l’économie ne conviendrait tout simplement pas. La Banque et ses dirigeants sont les mieux placés pour déterminer les mesures à prendre, mais leur objectif devrait être d’atténuer les fluctuations du dollar et d’utiliser tous les outils dont ils disposent pour placer l’économie canadienne dans la voie de la réussite.
Avrim Lazar est président et chef de la direction de l’Association des produits forestiers du Canada.
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