​par Vicky J. Sharpe, présidente et chef de la direction, Technologies du développement durable Canada

Je cite souvent l’industrie des produits forestiers comme un exemple probant de la capacité des technologies propres à créer de nouvelles possibilités et à ouvrir de nouvelles sources de revenus dans des secteurs établis. Au Canada, des entreprises forestières ont mis à profit des technologies propres pour convertir des déchets de bois en énergie pour leurs usines ou créer des produits dérivés à valeur ajoutée qui diversifient leurs activités.

Cette proposition de valeur est puissante. Des sous-produits qui étaient auparavant considérés comme des déchets sont transformés en produits chimiques, en solvants ou même en produits de consommation qu’on peut vendre. Les usines réduisent leurs coûts d’énergie et leur dépendance envers les sources externes de chaleur et d’électricité en réutilisant leurs propres déchets de biomasse, ou les revendent comme source de revenus additionnelle.

Les avantages des technologies propres se multiplient lorsqu’on tient compte de l’impact environnemental de la chose. Le secteur forestier génère plus ou moins 66 mégatonnes de carbone par année en résidus de biomasse. Presque toute cette quantité, soit 60 mégatonnes, est considérée comme disponible pour la production d’énergie ou la transformation en produits utiles. Des estimations prudentes laissent croire que ces sources de biomasse pourraient générer de 1,5 à 2,2 exajoules d’énergie par année, qui pourraient remplacer entre 18 et 27 pour cent de l’énergie actuellement générée par les combustibles fossiles au pays.

En d’autres termes, le potentiel de réduction des émissions et de production d’énergie dans le secteur forestier est immense. Et plus important encore, il se concrétise partout au pays.

Par exemple, une technologie utilisant des déchets de bois pour chauffer les fours à chaux dans les usines de pâtes traditionnelles permet aux fabricants de pâtes et papiers de générer eux-mêmes l’énergie propre dont ils ont besoin, ce qui réduit leurs coûts et leurs émissions.

Une autre technologie financée par TDDC transforme les déchets du secteur forestier en éthanol cellulosique combustible, dont l’utilisation pourrait réduire considérablement les émissions de gaz à effet de serre. Offrant des rendements plus élevés à moindre coût, la technologie consomme moins d’eau et crée moins de déchets qu’un processus comparable de fermentation du maïs pour la production d’éthanol.

Enfin, une troisième entreprise est en train de mettre au point un système exclusif qui transforme les résidus de sciage en biocarburants et en plus de 30 produits chimiques de grande valeur, notamment des ingrédients alimentaires et des résines. Le processus de conversion se fait à grande vitesse et donne des rendements élevés, ce qui maintient les coûts faibles et la valeur, élevée.

Voilà quelques-uns seulement des projets et technologies développés pour les entreprises du secteur forestier et adoptés par ces entreprises, avec le soutien de notre équipe à Technologies du développement durable Canada (TDDC). Notre mandat est d’aider les entreprises canadiennes à commercialiser des technologies innovatrices propres, en fournissant du financement pour le développement et la démonstration et en mettant en contact les innovateurs canadiens et les utilisateurs et investisseurs précoces. Depuis 2001, nous avons offert 33,5 millions de dollars de financement aux entreprises de l’industrie des produits forestiers.

Ce soutien se traduit par une occasion déterminante pour le secteur forestier : transformer les opérations forestières. Les projets, et d’autres semblables, offrent une solution de rechange viable pour des produits qui autrement seraient considérés comme des déchets. Les responsables d’usines peuvent même faire encore plus avec le bois qu’ils transforment et les entreprises canadiennes peuvent découvrir une nouvelle clientèle enthousiaste. C’est positif pour tout le monde.

Saisir les occasions en matière de technologies propres est bon pour le secteur forestier et pour l’ensemble du pays. Les technologies propres représentent un marché mondial de 1,1 mille milliards de dollars. Partout dans le monde les nations cherchent des solutions qui leur permettront de réutiliser les déchets, de générer de l’énergie renouvelable économiquement viable et de rendre les industries existantes plus conformes aux principes du développement durable.

Le monde cherche encore des chefs de file des technologies propres. Le Canada a l’occasion d’en être un, en particulier dans l’industrie des produits forestiers.

Compte tenu des 325 millions de dollars additionnels alloués à TDDC par le gouvernement du Canada dans son budget 2013, nous sommes bien placés pour continuer à soutenir les entreprises canadiennes de technologies propres qui développent, font la démonstration et commercialisent de nouvelles technologies révolutionnaires. Ce que nous recherchons aujourd’hui, ce sont des partenaires industriels, dans le secteur forestier et d’autres secteurs économiques canadiens, qui ont un besoin et voient la possibilité de transformer leur entreprise par l’utilisation de technologies propres. En travaillant ensemble, nous pouvons favoriser le développement de technologies sur mesure, qui répondent aux exigences du secteur en stimulant l’innovation et les avantages qui en découlent.