par David Lindsay, président et chef de la direction, Association des produits forestiers du Canada

Chaque jour qui passe, notre pays tente de faire face à l’impact économique et politique du déclin rapide du prix du pétrole, qui occasionne une réduction des investissements, des mises à pied et une baisse des recettes fiscales.

On s’est moins intéressé au secteur minier canadien, mais il doit aussi composer avec des prix plus bas et une demande anémique des marchés mondiaux perturbés.

Les fluctuations ne sont pas nouvelles dans le secteur des ressources. Harold Innis, historien de l’économie, a déjà dit que le Canada s’était développé comme une économie primaire, fondée sur les fourrures, la morue et le charbon. Bien que ces ressources aient eu leur jour de gloire, l’un des secteurs des ressources à la base du développement du Canada — nos vastes forêts — crée à nouveau des emplois et de la prospérité pour le pays. L’industrie canadienne des produits forestiers prend du mieux : les exportations sont à la hausse, les prix pour le bois d’œuvre sont bons et le secteur embauche.|

Le secteur forestier sait ce que c’est que de frapper un mur; il a passé une décennie difficile, perdant des usines et des employés au point où de nombreux observateurs étaient prêts à voir disparaître ce secteur en déclin. Mais pendant cette période de crise, la nécessité est devenue la mère de l’invention et l’industrie s’est transformée et a innové.

Plutôt que d’être seulement un « coupeur de bois », le secteur forestier est devenu une grande industrie manufacturière qui compte pour 12 % du PIB manufacturier du Canada, plus que le secteur de l’automobile. Les usines de pâtes et papiers se transforment en véritables bioraffineries, produisant des bioproduits et de la bioénergie. De nombreuses installations vendent même de l’énergie verte au réseau principal. La fibre de bois sert maintenant à diverses applications, notamment dans des pièces d’auto, des cosmétiques et des vêtements. L’avenir de l’industrie des produits forestiers mettra l’accent sur la nanotechnologie, l’impression 3D et autres technologies du genre. Et bien que l’avenir se fonde sur les bases du passé, le secteur s’est modernisé et est maintenant sophistiqué et de haute technologie, un chef de file en devenir de la « nouvelle » économie.

Les produits faits de fibre de bois peuvent être considérés comme « verts », car ils remplacent ceux qui sont produits à l’aide de matériaux dont l’empreinte de carbone est beaucoup plus forte. Les forêts sont renouvelables : tous les arbres récoltés sont remplacés et les forêts seront là pour les générations à venir. Un sondage Léger Marketing réalisé en 2014 auprès de clients internationaux a aussi montré que l’industrie canadienne des produits forestiers avait la meilleure réputation au monde en matière d’environnement.

L’avenir de la foresterie est donc prometteur. Les exportations ont augmenté de près de 10 % l’an dernier et les produits forestiers sont maintenant la principale exportation canadienne en Chine. Les entreprises forestières prévoient aussi profiter de la faiblesse du dollar canadien pour augmenter leurs ventes cette année.
C’est pourquoi l’industrie forestière offre maintenant la stabilité d’emploi. Pour bien des entreprises forestières, le problème le plus pressant consiste à faire en sorte qu’assez de gens regardent les petites annonces ou le site d’emploi « lamaindoeuvrelaplusverte.ca » pour voir les intéressants postes offerts. Le secteur est déjà l’un des plus importants employeurs au Canada; pour revenir à l’exemple du secteur automobile, la foresterie compte environ 55 000 employés de plus que les fabricants automobiles. Et en vertu de sa Vision2020, l’industrie vise à recruter 60 000 nouveaux employés d’ici la fin de la décennie.

Les « bûcherons » canadiens d’aujourd’hui portent souvent des sarraus et sont plus susceptibles de transporter des appareils intelligents que des haches. Alors, pour ceux qui se questionnent sur l’avenir dans le secteur des ressources du Canada, regardez de notre côté et n’oubliez pas de voir la forêt derrière les arbres.