Le 25 juin, le Natural Resources Defense Council (NRDC) appuyait des lettres qui, malheureusement, dénaturent la réalité de l’aménagement forestier au Canada. De telles faussetés minent les collaborations positives avec la collectivité sur le terrain et font abstraction du travail important qui se fait tous les jours dans les forêts canadiennes.

Environ 10 % seulement des forêts du monde sont vérifiées et certifiées de façon indépendante. Ce travail de certification par un tiers sert à garantir que l’aménagement forestier est fait légalement et d’une façon éthique et durable. Le Canada est loin devant tous les autres pays à cet égard, comptant 40 % de toutes les forêts certifiées dans le monde, ce qui fait de notre pays un chef de file mondial de l’aménagement forestier durable. Nous sommes vraiment fiers d’être les importants intendants de cette ressource partagée qui offre tant d’avantages aux Canadiens.

Source : La certification au Canada et dans le monde – Fin de l’année 2017. Certificationcanada.org

 

La forêt canadienne est fonctionnelle, c’est une forêt qui procure des avantages environnementaux, des activités récréatives et des possibilités économiques considérables aux Canadiens, en particulier aux familles qui vivent, travaillent et se divertissent au Canada rural et nordique.

 

Nos rigoureux cadres législatifs provinciaux et fédéraux, les horizons de plus de 100 ans selon lesquels nous aménageons les forêts ainsi que les consultations et participations éclairées des peuples autochtones, des collectivités locales et d’autres détenteurs de droits et parties prenantes qui font partie du processus de planification de l’aménagement forestier sont des piliers de notre façon de fonctionner au Canada.

 

En raison du climat dynamique et changeant, l’aménagement forestier devient plus complexe. Les épidémies de ravageurs sont plus intenses, la saison des feux dure plus longtemps et est plus dévastatrice et on constate des changements dans les comportements des diverses espèces d’arbres, dans les portraits nutritionnels des animaux, les relations prédateurs-proies, les maladies et les pathogènes en forêt.

 

Dans une économie planétaire, nos clients exigent des matériaux écoresponsables et veulent être certains que nous appliquons un aménagement forestier actif pour favoriser toutes les espèces des forêts canadiennes, protéger les bassins hydrographiques, préserver les milieux humides, gérer les épidémies de ravageurs et protéger les collectivités du feu. Tout cela, en fournissant des emplois pour soutenir les familles de centaines de milliers de Canadiens et en encourageant les investissements dans l’innovation. Le Canada continuera de défendre sa réputation mondiale de longue date comme chef de file en matière d’aménagement forestier.

 

Voici 7 éléments essentiels à savoir sur la foresterie canadienne d’aujourd’hui :

  1. La foresterie canadienne est une foresterie durable.
  • Nous récoltons moins de 0,5 % des forêts canadiennes chaque année. Chaque arbre récolté est remplacé. C’est la loi au Canada et c’est pourquoi nous pourrons profiter de nos forêts à perpétuité.

 

Source : L’État des forêts au Canada. Rapport annuel 2017. 2017. Ressources naturelles Canada, Service canadien des forêts, Ottawa. 92 p.

  • Un rapport publié l’an dernier par NEPCon, une organisation internationale sans but lucratif qui s’intéresse au développement durable, constate que le Canada a un solide système de procédures pour s’assurer que ses forêts sont gérées dans l’intérêt public. Selon l’organisation, plusieurs rapports et études ont confirmé que les politiques et pratiques du Canada en matière d’aménagement forestier sont parmi les plus strictes au monde.

Timber Legality Risk Assessment Canada. Août 2017. NEPCOn

 

2. Les changements climatiques modifient les forêts canadiennes

  • Ce qui devrait intéresser et préoccuper tout le monde est que chaque année, nous perdons à peu près 20 fois plus d’arbres en raison des feux et des insectes que par la récolte, et ces phénomènes s’amplifient avec le réchauffement de notre climat. Dans cet environnement changeant, les forestiers professionnels sont déterminés à travailler avec les gouvernements, les peuples autochtones, les collectivités locales et les chercheurs pour que nous puissions mieux gérer ces risques pour nos forêts et communautés forestières dans les années à venir.

 

  • La carte ci-dessous, publiée récemment par Ressources naturelles Canada, montre clairement cet appel à l’action. Elle montre comment, toutes choses étant égales par ailleurs, les perturbations naturelles vont s’amplifier avec le temps au Canada, touchant considérablement la forêt boréale canadienne.

Source : L’État des forêts au Canada. Rapport annuel 2017. 2017. Ressources naturelles Canada, Service canadien des forêts, Ottawa. 92 p.

 

3. L’aménagement forestier est essentiel à la lutte contre les changements climatiques

  • Le secteur canadien des produits forestiers a été le premier au Canada à prendre collectivement des engagements pour appuyer la ministre de l’Environnement et du Changement climatique, Catherine McKenna, et le gouvernement fédéral afin d’atteindre les objectifs nationaux en matière de changements climatiques. Nous sommes prêts à aider le gouvernement du Canada à atteindre 13 % de son objectif global en vertu de l’Accord de Paris grâce à des pratiques d’aménagement forestier plus efficaces, à des innovations dans nos usines et au stockage du carbone dans les produits du bois que nous vendons (dont plusieurs peuvent remplacer des produits plus gourmands en combustibles fossiles).

http://www.fpac.ca/fr/foresterie-durable/30en30/

  • Dans un système régi par les perturbations naturelles, comme la forêt boréale canadienne, nous savons que lorsque les arbres atteignent l’âge de la maturité, ils sont détruits soit par le feu, la pourriture ou les insectes, devenant ainsi des émetteurs de carbone et de méthane. L’aménagement forestier actif peut aider à combattre les changements climatiques en veillant à récolter ces arbres de façon durable avant qu’ils deviennent des émetteurs de carbone, ce qui permet d’emprisonner le carbone dans des produits du bois durables, ainsi qu’à les remplacer par de jeunes arbres qui recommenceront le cycle d’absorption du carbone. Dans une forêt aménagée de façon active, on favorise la répétition de ce cycle.

 

4. Le secteur forestier canadien est à l’avant-garde pour appuyer la réconciliation avec les peuples autochtones au pays

  • Au Canada, nous sommes sur une importante voie de réconciliation avec les peuples autochtones. C’est une voie que le secteur canadien des produits forestiers emprunte depuis des années.

 

  • Le secteur forestier canadien est le plus grand employeur des travailleurs autochtones au pays et nous collaborons avec plus de 1400 entreprises détenues par des Autochtones d’un océan à l’autre. Dans bien des communautés, nos succès environnementaux, sociaux et économiques sont étroitement liés.

 

  • Nous avons toujours appuyé des consultations éclairées et significatives auprès des communautés autochtones du pays en matière d’aménagement forestier.

 

5. Aménager pour de multiples espèces est critique

  • Dans la seule forêt boréale, nos forestiers, biologistes et écologistes aménagent en tenant compte de plus de 500 espèces de mammifères, d’oiseaux et de poissons, sans compter plus de 1000 espèces de plantes et d’invertébrés. Cet important travail en profondeur aide à maintenir l’intégrité et la santé d’écosystèmes fonctionnels.

 

  • L’une des principales préoccupations que nous avons transmises aux gouvernements relativement à l’approche fédérale actuelle en matière de rétablissement des espèces est qu’on se préoccupe d’une espèce individuelle à la fois, sans considérer les impacts des mesures sur les autres espèces. Nous savons tous que les systèmes naturels sont interconnectés et que les différentes espèces ne fonctionnent pas indépendamment les unes des autres. La situation est complexifiée par le contexte réglementaire provincial actuel qui fait appel à un régime d’aménagement à l’échelle du paysage. Ce décalage crée des difficultés majeures pour nos forestiers et biologistes qui travaillent dans un paysage dynamique comprenant de multiples espèces et valeurs à considérer. Par exemple, le caribou et le carcajou tendent à privilégier des peuplements résineux matures, alors que l’orignal, le grizzli et l’engoulevent bois-pourri préfèrent des forêts plus jeunes, plus ouvertes et d’âges divers. Le secteur forestier travaille pour imiter les modes de perturbation naturels et présente aux gouvernements provinciaux, pour approbation, des plans de récolte qui cherchent un équilibre entre les besoins des multiples espèces et valeurs.

 

6. Le secteur forestier canadien est déterminé à appuyer le rétablissement du caribou

 

  • Avec l’appui d’experts de tout le pays, l’APFC est à la table du Consortium national du savoir sur le caribou boréal, dirigé par Environnement et Changement climatique Canada, « qui vise à partager les leçons apprises et de mettre en commun nos capacités dans le but de nous attaquer de façon concertée aux principales lacunes dans les connaissances et d’orienter les efforts de conservation et de rétablissement du caribou au Canada ».[1] Par ce travail, nous pourrons partager les leçons apprises pendant des années d’activités de conservation du caribou sur le terrain, appuyer les ressources et voir aux lacunes des connaissances.

 

7. Il est essentiel d’appuyer une conservation judicieuse et la biodiversité

  • Le secteur forestier canadien contribue considérablement à la conservation par l’élaboration de plans régionaux d’utilisation du territoire et par l’identification volontaire d’aires protégées ou conservées. On pense notamment à des aires protégées comme le parc Wabakimi en Ontario, et le récent Dillon River Wildlands Park en Alberta. Depuis le début des années 1980, dans la seule province de l’Ontario, nous avons appuyé la conservation de plus de 1,5 million d’acres dans le nord; par ailleurs, plus de 77 % de l’habitat du caribou est au nord de la zone où il y a des activités d’aménagement forestier.

 

  • En plus des aires protégées, le secteur forestier canadien contribue à la conservation de la biodiversité dans le paysage fonctionnel. Les entreprises forestières effectuent un suivi attentif de l’abondance d’espèces et d’indicateurs écologiques par le biais de la règlementation ou de la certification forestière afin de maintenir la biodiversité dans les forêts aménagées activement. L’APFC est membre de l’initiative En route vers l’objectif 1 du Canada et le récent Rapport du Comité consultatif national reconnaît la contribution de forêts bien aménagées à la biodiversité canadienne et aux cibles d’aires protégées et conservées.

Notre secteur se réjouit de continuer son travail avec les communautés autochtones, les différents paliers de gouvernements, les universités, les détenteurs de droits et intervenants locaux, ses employés, partenaires et clients ainsi qu’avec les groupes de conservation pour appuyer le rétablissement du caribou au Canada.

Le secteur canadien des produits forestiers dispose de professionnels compétents qui ont choisi leur carrière parce qu’ils se préoccupent réellement de l’environnement, de l’avenir de leur collectivité et des familles qui dépendent de notre secteur pour leur emploi.

Nous restons déterminés à aider le gouvernement fédéral à atteindre ses nombreux objectifs, de la réduction des émissions de GES à la conservation de la biodiversité et au rétablissement des espèces sauvages, tout en appuyant la réconciliation avec les peuples autochtones et en fournissant de bons emplois aux familles canadiennes.

[1] Environnement et Changement climatique Canada. 2018. Plan d’action visant le caribou des bois (Rangifer tarandus caribou), population boréale, au Canada : Mesures fédérales.