par Dre Laura Finnegan, fRI Research

Le caribou est bien adapté à la forêt boréale canadienne, mais le danger, pour toutes les espèces spécialistes, c’est le changement. Beaucoup de changements sont survenus à l’aire de répartition du caribou en Alberta. L’habitat du caribou est traversé par des routes et par des profils sismiques. La régénération qui s’installe après coupe et après l’exploitation pétrolière et gazière attire orignaux, chevreuils et wapitis en grand nombre, et, avec eux, des prédateurs comme le loup.

La conservation du caribou nous demandera beaucoup d’efforts. Le caribou a besoin de l’aide de l’industrie forestière et les entreprises intensifient leur participation. Pour le seul programme sur le caribou de fRI Research, les membres de l’APFC ont appuyé les dix projets de recherche qui aident le gouvernement et l’industrie à mieux aménager le territoire dans les aires de répartition de l’espèce.

Même il y a 20 ans, les membres de l’APFC travaillaient à améliorer l’habitat du caribou : West Fraser (alors Weldwood) et Weyerhaeuser ont alors établi des placettes-échantillons permanentes pour le lichen. Plutôt que couper à blanc des peuplements entiers, ils les ont éclaircis, ne coupant qu’une partie des arbres. Le temps a passé, le soleil s’est infiltré dans le couvert jusqu’au sol et la flore a lentement changé.

Sous nos pieds, en passant de la vieille forêt fermée vers ces parcelles expérimentales, les mousses qui dominent tant le sol ombragé par les arbres commencent à laisser place au lichen. Cet étrange symbiote, moitié champignon, moitié algue, est l’aliment hivernal préféré du caribou, qui est reconnu pour creuser dans quatre pieds de neige pour trouver sa nourriture.

L’été dernier, notre équipe a visité ces parcelles expérimentales et, en compagnie des techniciens de terrain de la Nation Aseniwuche Winewak du Canada, nous avons entrepris un processus méticuleux : quantifier 20 années de changements. Nous avons avancé millimètre par millimètre, dénombrant chaque espèce pour voir ce que cela signifiait pour l’habitat du caribou. Cet été est la deuxième année de cette recherche.

Pour pondérer les coûts et les avantages de toute mesure d’aménagement, il faut de bonnes données et de bons outils. Notre programme n’a débuté qu’il y a quatre ans, mais nous avons travaillé fort. Grâce au travail de terrain et de collaboration avec les secteurs de la foresterie et de l’énergie, avec les universités et le gouvernement de l’Alberta, nous disposons d’excellentes données sur la végétation, les déplacements des caribous, les prédateurs et le développement anthropique. Alors, cette année, nous nous associons au programme GIS de fRI Research pour rassembler tout cela dans un ensemble d’outils pour nos partenaires forestiers. Lorsque ce sera fait, les entreprises seront en mesure d’entrer leurs plans de récolte, d’accès et de restauration et les modèles prédiront comment ces plans influenceront l’habitat du caribou et sa répartition.

Les partenariats comme ceux qui se sont établis entre les membres de l’APFC et fRI Research constituent la voie à suivre. Les entreprises nous procurent des données et soulèvent des questions, et, en échange, nous fournissons les connaissances et les outils dont elles ont besoin pour améliorer leurs activités. Ce n’est que par de telles collaborations que nous pouvons espérer coexister avec le caribou, cette icône de la forêt boréale.